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La pêche miraculeuse…

Dernière mise à jour : 11 juin 2021


Quand elle se faufile telle une anguille et s’élance dans les eaux vives de la rivière, il s’agit à coup sûr de la truite fario qui peuple en majorité nos cours d’eau. On la débusque au toc, au lancer ou à la mouche mais il existe une bien autre façon de l’attraper qui demande du doigté et infiniment plus de patience…


« Il y a fort longtemps dans un petit village sud Toulousain, Paquita et son frère alors âgés de 8 et 10 ans partaient régulièrement les mains dans leurs grandes poches de pantalons en direction de la Bouigane qui coulait en contre-bas de leur maison. Les pantalons retroussés jusqu’aux genoux les enfants entraient délicatement un pied après l’autre dans l’eau glacée du printemps. C’est courbé en avant et chacun de leur côté à l’ombre, à l’abri des branches de hêtres qui effleurent la surface du torrent qu’ils observaient les petits trous d’eau calmes et tranquilles.


Quand Paquita repérait une belle truite sur la bordure de la rivière dans une cache entre deux petits rochers, elle ne disait mot à son frère posté plus loin craignant d’apeurer le salmonidé.

Les ombres et les rides de l’eau sombre et les sédiments clairs sont parfois trompeurs et insinuent ce qui n’est pas. L’enfant avait de bons yeux et voyait là très bien la belle dame en robe saumonée tachetée de brun lascive en suspension dans l’eau, qui semblait somnolente. Paquita l’observait et l’admirait. Elle s’accroupissait dans l’eau mouillant son pantalon jusqu’à la taille et glissait tout doucement sa petite main sous le ventre blanc de l’animal qui ne bougeait pas. Elle l’attrapait sans efforts et la dissimulait dans sa poche.


Et quand les deux enfants en avaient capturé de quoi remplir discrètement leurs poches de pantalon, ils reprenaient le chemin de la maison pieds nus et trempés, et couraient afin d’éviter de rencontrer le cantonnier qui les pourchassait parfois jusqu’à chez eux en jurant que la prochaine fois ils iraient à coup sûr en prison pour avoir vidé le torrent de ses poissons avant l’été.


Parfois ils croisaient le curé du village sur les coups de midi qui les scrutait et leur demandait d’un air amusé ce qui pouvait bien gigoter dans leurs poches ruisselantes. C’est alors que Paquita et son frère expliquaient que par mégarde des poissons avaient dû sauter dans leurs habits pendant qu’ils se baignaient dans la rivière ».

ALB





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